Assainissement de la commune de Ouagadougou : Zoom sur l’association jeunesse sans frontière Burkina

15-02-17 Désirée Kanyala 0 commentaire

Association apolitique à but non lucratif, l’AJSFB existe depuis avril 2003. Elle a été reconnue le 15 février 2007 par le récépissé N°2007/099/MATD/SG/DGLPAP/DOASOC. Objectif : œuvrer pour un développement dans un cadre sain. L’association est très active dans le quartier Pissy (secteur°2) et dans toute la ville de Ouagadougou de façon générale. Depuis janvier 2016 un partenariat lie cette association au projet Plateforme Re-Sources. Les faits qui ont motivé la création de l’association, les difficultés rencontrées, la collaboration avec Re-Sources, M. Idrissa TOGUYENI, président de l’association, et M. Gérard BABOUE, coordinateur de projet au sein de l’association, nous disent tout !

M. Idrissa TOGUYENI président de l’AJSFB

Q1 : Pouvez-vous nous présenter l’Association jeunesse sans frontière Burkina (AJSFB)?

L’association jeunesse sans frontière Burkina (AJSB) a vu le jour de manière informelle en avril 2003 et de manière formelle le 7 février 2007, par la signature du récépissé N°2007/099/MATD/SG/DGLPAP/DOASOC. Nous avons créé cette association après avoir fait le constat de la situation dans notre quartier, comme par exemple l’encombrement permanent des caniveaux du secteur 2, qui provoquait beaucoup d’inondations dans les cours riveraines. Cela nous a interpellé et aussi, au regard du niveau de salubrité du secteur, nous avons décidé de nous rendre utile. C’est donc comme cela qu’un contact a été rapidement noué entre un groupe de personnes, 16 au départ. Avec l’abnégation, la détermination, on a forcé l’admiration de certaines personnes, autorités et opérateurs économiques qui nous ont accompagnés malgré toutes les difficultés. Depuis lors, nous avons continué à travailler dur, ce qui nous a amené en 2007 à matérialiser ce travail par une assemblée générale constitutive pour mettre sur pied l’association. Au vu de tous les résultats précédents, nous avons persévéré et obtenu la confiance du conseil municipal. Depuis, le nombre de jeunes dans l’association n’a fait qu’augmenter et nous travaillons désormais avec 516 jeunes.

Q2 : Quelles sont les activités menées l‘association?

Dans la convention avec la commune de Ouagadougou, nous mettons au service de la municipalité 150 jeunes par jour pour l’entretien des caniveaux, le désencombrement de la voie publique ainsi que pour les opérations avec la police municipale, de nuit comme de jour… Dans le but de démontrer aux jeunes qu’en étant ici ils peuvent avoir d’autres perspectives, nous avons initié des activités pour leur permettre d’obtenir d’autres qualifications telles que le permis de conduire. Aujourd’hui, il y a plus de 200 jeunes qui ont eu le permis grâce à notre association.

Enfin, le travail ici est physique, et quand on prend de l’âge, il peut y avoir des accidents de travail. Alors on incite les jeunes à créer des petites activités génératrices de revenu, qui puissent leur permettre de poursuivre une autre activité en cas de blessures.

Q3 : Quelles sont les difficultés de l’arrondissement ?

L’arrondissement N°2 fait partie de l’ancien arrondissement de Baskuy qui est le cœur de la ville de Ouagadougou. Cet arrondissement regroupe beaucoup de commerces, et on constate beaucoup d’incivisme. Par exemple, nos jeunes rapportent souvent que lorsqu’ils sont en train de curer les caniveaux, ils voient des habitants y déverser leurs ordures ! En même temps ! Nous rencontrons aussi des problèmes de communication et de manque de matériel.

Avec M. Gérard BABOUE, chargé de projet à l’AJSFB, Coordinateur du projet de collecte et de valorisation des déchets arr.n°2, au Centre de tri de l’AJSFB financé avec le concours financier de la plateforme Re-Sources dans le cadre des fonds

Q4 : Justement, quelles sont les difficultés de l’association ?

La principale difficulté est le manque de matériel. Si nous avions un ou deux véhicules adaptés au curage des caniveaux, cela résoudrait notre problème. Actuellement nous dépendons  des camions de la mairie. Alors quand ces véhicules sont indisponibles, nous n’arrivons plus à assurer le ramassage et le curage des caniveaux. Nous n’avons pas d’accompagnement et nous avons besoin de renforcement de capacités dans le montage des projets pour solliciter des bailleurs de fonds.

Q5 : Quelle sont les différentes sources de revenu ?

Dans la convention avec la mairie il y a une prime journalière qui est accordée à chaque jeune qui se met au travail : ils reçoivent alors 1500 FCFA par jour. La mairie nous envoie un technicien qui établit la liste de présence. Au-delà de cette source de revenu, nous recevons de l’aide de bailleurs pour le financement de certains projets tels que celui de la construction du centre de tri situé dans la zone industrielle de Gounghin, financé par le projet Plateforme Re-Sources par l’intermédiaire de l’ONG « Autre terre ».

Q6 : Venons-en à votre collaboration avec le projet Re-Sources

Il s’agit du projet de « collecte et de valorisation des déchets dans l’arrondissement n°2 de la ville de Ouagadougou ». L’objectif est de contribuer, depuis début 2016, à l’amélioration du cadre de vie de la population de l’arrondissement n°2 de la ville de Ouagadougou. Ce que nous visons à travers ce projet c’est de pouvoir toucher 1125 ménages soit approximativement 11250 personnes et 125 commerçants.

Q7 : Dites-nous en plus sur ce projet

Le projet s’articule autour de 3 volets : un volet économique, un volet environnemental et un volet social.

Sur le plan économique, ce projet permettra d’augmenter les revenus des personnes directement employées dans sa mise en œuvre. La vente des déchets triés (bouteilles en verre, fers, plastiques, etc.) et du compost permettra au centre de tri d’atteindre une certaine autonomie. À la fin du projet, nous devrions être en mesure de supporter toutes les charges liées à ces activités et de réinvestir une partie de ces ressources pour développer d’autres activités tels que la production de plants, le recyclage des pneus, la transformation des cartons en buchettes…

Sur le plan social, grâce à ce projet, des emplois seront créés au profit de femmes et de jeunes chômeurs, avec ou sans qualification, et/ou de personnes sous-employées. Ce que nous souhaitons aussi à travers ce projet ce sont des changements de comportement qui seront opérés en matière de gestion des déchets. Cela aura un impact positif important sur les relations sociales au sein des quartiers (moins de conflits liés aux nuisances des ordures, meilleure solidarité pour embellir et rendre le cadre de vie plus sain, etc.) et réduira les dépenses de santé.

Sur le plan environnemental, la diminution des tas d’immondices et autres dépôts sauvages va améliorer la qualité de vie des habitants du quartier.

Centre de transite des déchets solides ménagers géré par l’AJSB dans la zone industrielle de gounghin (Ouagadougou)

Q7 : Quelles sont les activités prévues ?

Le projet est prévu pour durer 3 ans, durant lesquelles nous allons mener des activités de sensibilisation et d’animation. Grace au financement de la plateforme Re-Sources nous avons pu acquérir plusieurs équipements pour notre centre de tri, comme un broyeur de plastiques, des tables de tri… Nous allons également organiser des jeux concours de propreté interscolaire. Nous allons aussi renforcer les capacités des membres de l’association à travers des formations et des voyages d’études.

Q8 : Quel est le niveau d’avancement du projet ?

Le financement de Re-Sources nous a permis d’acquérir une broyeuse, des tables de tri ainsi qu’une plaque solaire. Nous pouvons dire que les choses avancent bien.

Q9 : Quel est votre mot de fin ?

Vraiment nous remercions la plateforme Re-Sources pour cet appui et à travers elle nous remercions aussi Autre Terre, l’ONG belge grâce à laquelle Re-Sources nous a financé. Nous souhaiterions trouver davantage de personnes pour nous soutenir et sommes à la recherche de bailleurs de fonds…



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