Gestion durable des déchets solides en Mozambique : Valoriser les déchets pour un développement équitable et durable

16-02-16 Désirée Kanyala 0 commentaire

Odeur de plastique brulé, fumée âcre qui envahit les maisons suivie par un tapis de mouches. On ne se croirait pas à Maputo capitale africaine en grande croissance économique, avec ses quartiers résidentiels et aisés, mais plutôt dans un enfer de fumée, déchets et rats. Nous sommes à la « lixiera », le plus grand dépotoir du Mozambique, qui occupe une grande partie du bidonville de Hulene, dans la périphérie de Maputo. C’est ici que l’activité de la LVIA au Mozambique a commencé il y a 10 ans.
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foto: Maja Galli

En ce temps-là, le pays entamait une croissance très soutenue Grâce à la découverte de grands gisements de gaz naturel et aux réformes visant à attirer les investisseurs étrangers (Assouplissement de la réglementation, privatisation, etc.). Les enjeux et les intérêts économiques sont géants ; le gouvernement a signé des concessions pour l’exploitation du gaz naturel pour une durée de 35 ans. Ce boom économique s’accompagne Malgré tout, d’une croissance de l’écart entre riches et pauvres et surtout de la prolifération de nouveaux pauvres, totalement exclus par ce processus et qui en subissent les pires effets secondaires. Parmi eux les catadores (Informels).
Ces derniers vivent de la collecte et de la récupération des déchets. C’est l’autre facette du boom économique au Mozambique, qui, entre 1996 et 2015 a enregistré des taux de croissance parmi les plus élevés du continent (7-8% en moyenne).
Parmi les “aléas” de la croissance économique du Pays, on peut observer une augmentation de la pauvreté de ceux qui restent exclus et notamment la mauvaise gestion de la quantité exponentielle de déchets produits.
C’est dans ce contexte que la LVIA a commencé son intervention avec les «catadores », ces collecteurs des déchets du dépotoir de Hulene, parmi les plus pauvres des périphéries de Maputo.
La LVIA leur a ouvert les yeux sur les potentialités économiques inhérentes aux déchets et ceux qui ont relevé le défi ont suivi des formations qui ont conduit à leur structuration en coopératives. Grâce à l’organisation et à la légalisation des activités de ces derniers, leur vie a connu un changement positif. Plusieurs coopératives pour la valorisation des résidus sont ainsi nées, la ComSol est la plus jeune.
Simona Mortoro est la représentante de LVIA au Mozambique:
« La problématique des déchets est désormais perçue par le gouvernement comme une priorité. LVIA a su lier la thématique environnementale avec l’inclusion des couches sociales les plus marginalisées et développer une expertise dans le secteur qui a été reconnue par le gouvernement ».
Maputo est désormais un modèle national pour l’organisation du cycle des déchets. Cela a été possible aussi grâce aux importants travaux et aux investissements de la coopération internationale. Le gouvernement envisage de fermer la lixiera de Hulene d’ici 2018 pour construire une déchetterie conforme à la norme qui servira aux communes de Maputo et Matola. « Néanmoins, dans des villes comme Pemba et Tete, où il y a de grands gisements de gaz naturel et de charbon, les institutions locales ne sont pas à mesure de bien gérer les déchets générés par les activités extractives des grands investisseurs», affirme Simona.
Dans ce contexte, en 2014 la LVIA a lancé un projet avec le co-financement du Ministère italien des Affaires Etrangères pour intervenir à l’échelle nationale. La LVIA est responsable du soutien aux administrations locales, dans le renforcement des capacités du personnel qui travaille au niveau gouvernemental, provincial et communal. En outre, la LVIA doit accompagner l’adoption de la nouvelle norme environnementale sur la gestion des déchets solides adoptée par le gouvernement en 2014 et fournir un soutien aux Mairies dans l’élaboration et la mise en œuvre des plans de gestion intégrée des déchets solides.
A travers ce projet, le Ministère de l’environnement du Mozambique, partenaire de la LVIA avec « l’Association Nationale des Municipalités du Mozambique », sera doté d’une base de données sur la gestion des déchets solides dans les 53 communes du Mozambique. Cette activité vise à remplir le vide d’informations qui fait obstacle à l’élaboration de politiques environnementales efficaces.

La Coopérative ComSol: de collecteurs des déchets à entrepreneurs…

comsol2 (2)L’histoire de la «ComSol », Coopérative de Maputo pour les Solutions Environnementales née en 2014, est l’histoire de 8 personnes qui pour survivre, chaque jour allaient dans la déchetterie de Maputo avec l’espoir de trouver des rebuts à revendre. Grace au soutien de la LVIA, ils ont transformé cette activité informelle en une coopérative légale. Ils se sont débarrassés des dangers du travail en déchèterie et ils ont amélioré la situation économique de leurs familles.
Le 10 novembre 2015, Albertina Joaquim Sono de la LVIA a reçu le Prix SEED au nom de la « ComSol » : il s’agit d’une reconnaissance très importante pour ces personnes, qui ont énormément amélioré leurs conditions de vie, en abandonnant le travail informel qui les mettait socialement à l’écart.
Le Prix SEED, promu par différents organismes internationaux parmi lesquels l’UE et l’ONU, récompense chaque année les entreprises sociales les plus innovantes dans les pays en voie de développement. Le prix soutien le développement durable et l’économie verte, tout en reconnaissant l’importance des petites et moyennes entreprises vers le progrès économique.
Nos félicitations à Argentina, Neria, Rocina, Adelia M., Adelia C., Avelina, Fatima et Cassamo de ComSol pour ce résultat et nos meilleurs vœux.

Sources : LVIA
Traduction Italien-Français : Diletta CARMI



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