Gestion des déchets ménagers : les membres de la plateforme Re-Sources faces aux défis de la filière

08-12-14 Désirée Kanyala 0 commentaire

Gestion des déchets dans les pays en développement : et si on changeait de paradigme ? C’est à un tournant majeur de l’activité de la Plateforme Re-Sources que ses membres se sont réunis du 17 au 22 novembre 2014 à Lyon. Cet atelier s’inscrit dans le cadre des rencontres institutionnelles qui ont pour but de permettre aux membres de la plateforme de se rencontrer dans un cadre formel pour échanger sur l’évolution de leurs travaux et se fixer les prochains objectifs.

A l’issue de la première phase de capitalisation sur les retours d’expériences, les membres avaient les éléments en main pour s’interroger (et interroger leurs partenaires extérieurs) sur les paradigmes de la gestion des déchets dans les PED. Au programme de cette semaine lyonnaise : 3 jours de rencontres entre membres, 1 journée ouverte d’échanges à laquelle ont participé près de 70 personnes du monde des déchets, et 1 journée de visites de terrain.

Rencontre du comité de pilotage du projet… 

Rencontre du comité de pilotage du projet

Organe décisionnel du projet, le comité de pilotage regroupe en son sein les responsables des différentes structures fondatrices du projet et a pour mission de décider des grandes orientations de la plateforme. Ainsi, le copil a pu discuter de la planification des activités du projet sur 5 années, de la mise en œuvre et du suivi des actions pilotes et des questions relatives à une meilleure prise en compte des nouveaux adhérents. Les différentes formes d’implication et de valorisation de leur participation aux groupes de travail de la plateforme ont été passées en revue. Des  réflexions autour des actions de communication /plaidoyer  et des échanges sur les modules de formation, les principes et conditions de leur élaboration, ont également été menées.

Journée ouverte d’échanges…

Ces échanges ont eu lieu le mardi 18 novembre en collaboration avec l’association AMORCE (Association nationale des collectivités, des associations et des entreprises pour la gestion des déchets, de l’énergie et des réseaux de chaleur). La journée de partage visait notamment à aborder la question du changement d’échelle, des expériences de terrain à des modes de gestion pérennes, que ce soit à l’initiative de la société civile ou des collectivités.

Clichés de la journée ouverte d’échanges

Clichés de la journée d’échanges

Les présentations de cette journée peuvent être intégralement visionnées grâce aux liens suivant :Dès l’entame, Monsieur Philippe Di Loreto Responsable de la coopération décentralisée au Grand Lyon, à fait un rappel de la politique de développement de la communauté urbaine de Lyon depuis sa mise en place en 1994. Le Grand Lyon appuie la gouvernance locale notamment de villes d’Afrique, dans la mise en place de services urbains, dans les métiers où il dispose de compétences (déchets, assainissement, transport). L’exemple le plus abouti étant celui de la coopération avec Ouagadougou, qui existe depuis maintenant 20 ans, et qui a été couronnée par la mise en place d’une direction de la propreté. A sa suite, Pascale Naquin, Directrice scientifique du CEFREPADE, au nom de sa structure, partenaire hôte de l’atelier, a souhaité la bienvenue aux différents participants, avant de présenter le programme de la journée. A sa suite, Jocelyne Delarue, Directrice de Gevalor, chef de file des partenaires du projet Re-Sources, a introduit la présentation de la plate-forme Re-Sources, avant de céder le micro à Bernard Nonguierma, Coordinateur environnement de la Plateforme Re-Sources qui a présenté le contexte africain de la gestion des déchets. Ce sont ensuite 12 orateurs qui se sont succédés au pupitre, passant en revue des problématiques comme les précautions minimales à petit budget dans le cadre de la mise en décharge; le plaidoyer sur le financement de l

a gestion des déchets, avec Ouagadougou et Lomé comme références; l’organisation de la gestion des déchets dans de petites villes (exemple de Gros Morne en Haïti). Des actions réussies de valorisation des déchets plastiques ont également été présentées avec Mahajanga et Ouaga  comme villes modèles. Cette rencontre a été l’occasion pour les différents participants de mieux cerner le guide AMORCE et la perspective du « 1% déchets », nouvelle disposition légale en France qui devrait permettre l’émergence de plus de projets entre collectivités du Nord et du Sud. Des expériences de coopérations Nord/Sud entre collectivités( Parakou au Bénin, Jacmel en Haïti) et d’ACR+Med ont pu aussi être exposées aux participants. C’est avec la présentation de la construction dans la durée de partenariat de coopérations décentralisées dans le domaine des déchets dans le Mono (Bénin), à Ouagadougou, Bamako, Porto Novo et Addis Abeba, que la série de communications a été clôturée. Au terme, c’est unanimement que les participants ont invité les partenaires du nord œuvrant dans le cadre de la coopération décentralisée à davantage coordonner leurs actions au sud pour plus d’efficacité.

Visites terrain…

Le Jeudi 19 novembre, les participant sont pu s’enrichir des expériences des acteurs sur le terrain. Ils ont ainsi tour à tour visité le centre de tri “Serdex” situé dans le 7ème arrondissement de Lyon, la plateforme de compostage “Racine” de Décines-Charpieu et pour finir, le centre d’enfouissement technique “Satolas et Bonce” de SITA établi dans la commune du même nom.

Sur le site de Serdex :

Situé à proximité du centre-ville, de façon à répondre rapidement aux sollicitations de sa clientèle constituée des collectivités urbaines, d’artisans, et d’entreprises de BTP, Serdex est spécialisé dans le recyclage des déchets de chantiers, du bois, du verre plat, du plâtre… ce dernier représentant20 à 30% des déchets accueillis par le centre. Afin d’optimiser la qualité finale du plâtre recyclé, Serdex a mise au point une machine capable de trier du plâtre mélangé à de la laine de verre ou à du polystyrène. Serdex est leader des déchets du bâtiment dans le département du Rhône.

A la plateforme de compostage Racine :

Depuis plus de 20 ans, RACINE offre des solutions de compostage pour traiter tous types de déchets organiques (déchets verts issus de l’entretien des parcs et jardins, déchets agricoles et alimentaires). RACINE produit et commercialise du bois énergie adapté aux exigences d’alimentation des réseaux de chaleur urbains collectifs. RACINE propose aussi une large gamme de supports de culture (terreaux et paillages) pour les professionnels et les particuliers avec ses marques CULTIVA et KOMPOST. La société jouit de 3 certifications : qualité (ISO 9001), sécurité (OHSAS 18001) et environnement (ISO 14001), attestant de la qualité de ses produits.

Au sein du CET de Satolaset Bonce

casier d'enfouissement au sein du CET de Salolas et Bonce

Ouverte en 1972, par arrêté préfectoral lui autorisant à accueillir 300 000 tonnes de déchets par an, la décharge de Satolas et Bonce  est établie sur une superficie de 71 hectares. Elle reçoit les déchets industriels banals sur un rayon de 150 km autour du site. Ces déchets sont essentiellement acheminés par les camions de Sita, Veolia et des collectivités alentour, avec un coût à l’entrée de l’ordre de 100 Euros la tonne. Tous ces déchets entrant sur le site font l’objet d’une procédure d’acceptation préalable, et tout déchet non conforme est systématiquement renvoyé vers son producteur. Le stockage des déchets se fait dans des alvéoles de 5000 m2 environ, créées et exploitées successivement. Les lixiviats sont collectés dans le fond des casiers de stockage puis pompés et dirigés vers la station de traitement in situ. Celle-ci dispose d’un traitement par évaporation des lixiviats où le biogaz est utilisé comme source d’énergie pour faire fonctionner le procédé. La plateforme de valorisation du biogaz, produit 8000 MWh/an, soit la consommation électrique de 1550 foyers.

Rendez-vous a été pris pour un prochain atelier Re-Sources au Bénin au premier semestre 2015.


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