Gestion des déchets: L’Union européenne appuie la commune de Dschang

20-08-14 Désirée Kanyala 0 commentaire

La municipalité vient d’être élue pour la mise en œuvre d’un programme qui sera financé à hauteur de 700 000 euros, soit 458 500 000 F CFA.

 De gauche à droite : M. le 1er adjoint au Maire de la Commune de Dcshang, M. le directeur de la Caplame et M. Longet Antoine représentant la Commune de Nantes suivant avec intérêt les exposés © Souriau Morgan / Gevalor 2014

De gauche à droite : M. le 1er adjoint au Maire de la Commune de Dcshang, M. le directeur de la Caplame et M. Longet Antoine représentant la Commune de Nantes suivant avec intérêt les exposés
© Souriau Morgan / Gevalor 2014

L’Union européenne va financer pendant 4 ans, à partir de 2015, les activités de la future agence municipale de gestion des déchets de la commune de Dschang. Le projet a été validé le 30 juin dernier. L’information a été donnée le 16 juillet 2014, dans la salle des actes de cette collectivité locale décentralisée, à l’occasion de la réunion du comité de pilotage du projet compostage des ordures ménagères.
D’après le Dr Emmanuel Ngnikam, facilitateur de la procédure à travers l’organisation non gouvernementale ERA-Cameroun, le projet global va être financé à hauteur de 700 000 euros, soit 458 500 000 F CFA. L’UE va directement verser 357 000 euros, (233 835 000 F CFA). La commune de Nantes va fournir 22 500 euros (14 737 500 F CFA).
Africompost, financé par l’Agence française de développement, le Fonds français pour l’environnement mondial et le Fonds Suez , a accepté de verser 70 000 euros (45 850 000 F CFA). Il est attendu de la commune bénéficiaire, une contribution à hauteur de 30 000 euros (19 650 000 F CFA). Pour le reste, le projet va permettre de fabriquer et de vendre du compost destiné à l’agriculture, une activité qui va générer 195 000 euros (127 725 000 F CFA). En cas de bonne gestion des décharges d’ordures et d’un bon suivi du monitoring carbone, le Projet aura accès à la finance carbone par la vente de crédits carbone, d’une valeur de 31 000 euros ( 20 332 900 F CFA).

Retournement d’un tas de compost sur la plateforme de Ngui © Souriau Morgan / Gevalor 2013

Retournement d’un tas de compost sur la plateforme de Ngui
© Souriau Morgan / Gevalor 2013

Objectifs

A l’horizon 2017, le projet, va permettre à la ville de Dschang d’avoir le contrôle sur la gestion des déchets produits par ses populations. D’après le coordinateur national de ERA Cameroun, le Dr Emmanuel Ngnikam, l’on atteindra à cette période, le traitement de 10 000 tonnes de déchets par an. 1 800 tonnes seront transformées en compost, un engrais bio destiné à la commercialisation auprès des agriculteurs. 75 personnes y travailleront alors. Pour cela, le volet compostage va démarrer en mai 2015, sur le site de la décharge municipale de Siteu, un quartier périphérique.
L’Union européenne pose comme préalable au décaissement des subventions, la mise en place d’une agence municipale de gestion des déchets (AMGED). Un projet d’organigramme de cette structure a été présentée par la Française, Agathe Pommery, une étudiante de Master en management et innovation à Lyon, en stage à la commune de Dschang. Pour la mise en œuvre, Dschang va bénéficier de l’expertise du programme Africompost et de l’expérience d’ERA Cameroun. Mathieu Gobin, l’envoyé d’Africompost, a présenté à l’assistance les réalisations faites dans le domaine de la gestion des déchets dans une commune de Madagascar et une autre du Togo.

Déchargement des déchets collecté par l’association Tockem sur le site de compostage de Ngui © Souriau Morgan / Gevalor 2014

Déchargement des déchets collecté par l’association Tockem sur le site de compostage de Ngui
© Souriau Morgan / Gevalor 2014

Projet compostage

Les assises du 16 juillet 2014 ont aussi permis de faire le bilan du projet compostage des ordures ménagères de la commune de Dschang, basé dans le quartier Ngui. Le rapport a concerné les années 2013 et 2014 (1er semestre). Il s’agit d’un programme mis en œuvre depuis 2011, grâce aux financements de bailleurs étrangers, à l’instar de la commune de Nantes et la communauté urbaine de Nantes Métropole. D’après le maire, Baudelaire Donfack, il vise à «revaloriser les déchets et réduire la production dans la nature des gaz à effets de serre, dans cette commune de 220 000 habitants et dans laquelle, 50 tonnes de déchets sont produits par jour. »
On retient de la présentation faite que les huit employés à la production et à la commercialisation, ont traité 935,53 tonnes de déchets entre juin 2013 et juin 2014. Cela a permis de fabriquer 1384 sacs de compost, d’un poids de 50 kg chacun, soit 69, 2 tonnes. 16,8 tonnes de cette masse produite représente l’Agrocompost, fabriqué avec les ordures et les fientes de poule pondeuses. En 2013, 902 sacs de compost et 188 sacs d’Agrocompost ont été vendus aux agriculteurs, générant une recette de 1. 746 450 F CFA. Ce chiffre devrait dépasser la barre des 2,5 millions de Fcfa, à la fin de l’année 2014, puisque le projet a déjà vendu pour 1. 481 025 F CFA pour le premier semestre. D’après Morgan Souriau, l’expert Français du consortium Gevalor-ETC Terra et Goodplanet en charge de l’appui technique et organisationnel du Projet, les recettes liées au ventes de produits (compost et Agrocompost) ont permis de supporter 31,25 % des charges au cours du 1er semestre 2014. Un changement d’échelle, permettra de diminuer le coût de production et d’inverser la tendance du pourcentage liée aux charges administratives (charges d’encadrement actuellement correspondant à 80% du coût de production) par rapport aux charges de production (actuellement 20% du coût de production). A terme les recettes liées au vente de compost devrait permettre de couvrir 75 à 80% du coût de revient, tandis que la vente de crédit carbone et une subvention publique permettrons de combler le manquant (20% à 25%) pour rendre la structure en charge du compostage financièrement pérenne.

Avantages

Le Dr Emile Temgoua, spécialiste des sciences du sol et premier adjoint au maire, a insisté sur la qualité de ce compost pour l’agriculture. «Il est naturel, ne coûte que 2000 F CFA par sac (prix promotionnel de lancement), fertilise le sol pendant au minimum deux ans et peut être utilisé pour toutes les cultures. Les résultats sont largement positifs. Bref, il n’y a que des avantages par rapport aux engrais chimiques qui coûtent chers, abiment le sol et la santé des utilisateurs et des consommateurs des produits agricoles », a-t-il affirmé. La commune organise des rencontres avec les agriculteurs pour leur montrer comment ils doivent utiliser. Elle entend procéder aux livraisons, à partir de l’achat de cent sacs.
L’autorité municipale a demandé aux responsables du volet marketing et commercial du projet, Jean Charcot Djomkam et Yannick Bkwayep d’intensifier le marketing auprès des agriculteurs. Martin Anague, chef d’équipe des composteurs, a quant lui plaidé pour une augmentation de salaires. Les travaux se sont déroulés en présence d’Antoine Longuet, envoyé spécial de la commune de Nantes. Avec cette activité, la commune de Dschang brille sur le front de la coopération internationale décentralisée.

Par Hindrich Assongo, West Regional News Agency – 18/07/2014

 



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