Le charbon vert, espoir et réalités d’une Alternative séduisante !

20-05-14 Désirée Kanyala 1 commentaire

Un projet de production de charbon vert peut-il être rentable ? Sous quelles conditions ?
Pour répondre à ces interrogations et avec l’objectif d’identifier des clés de compréhension des projets de charbon vert, l’Agence des Micro-Projets (AMP) a choisi de mener une étude d’évaluation et de capitalisation sur la thématique du charbon vert.

Cette étude s’inscrit dans la dynamique de l’observatoire que l’AMP a mis en place avec l’aide de l’Agence Française de développement (AFD) en 2013. Elle a pour but d’apporter une analyse sur les atouts et limites du charbon vert pour son introduction dans des projets de développement et principalement des microprojets. Elle vise à améliorer les connaissances sur l’effet des projets produisant et vulgarisant des énergies alternatives à la consommation de charbon de bois. Cependant chaque situation est un cas particulier et il est important de ne pas généraliser de manière aveugle les résultats de cette étude. Le constat général est que les projets de charbon vert ne semblent pas être pertinents pour lutter contre la désertification pour plusieurs raisons. Premièrement ils ne sont pas adaptés aux zones désertiques où la valorisation des déchets est déjà très ancrée dans la culture locale, deuxièmement la qualité du charbon vert produit n’est pas suffisante pour séduire les utilisateurs  et pour finir la collecte des matières organiques est très coûteuse, ce qui se répercute fortement sur les coûts de production et le prix final pour les ménages.

 Ce constat pose également des questions sur les projets de charbon vert en général. De plus la quasi-totalité des projets utilisent des résidus de charbon de bois et s’insèrent donc dans le marché traditionnel du bois-énergie. Les projets de charbon vert sont plus appropriés à un contexte urbain sur des problèmes de gestion des déchets. Mais il semble que les microprojets peuvent être rentables. Ils rencontrent certes des difficultés mais les études de cas ont montré que des entrepreneurs créatifs réussissent à développer une activité génératrice de revenus à partir de la production de charbon vert. Les briquettes sont bien acceptées lorsque leur usage est maîtrisé : pour cela, il faut informer et former constamment les consommateurs sur l’emploi de ce nouveau produit. Les principaux écueils dans lesquels peuvent tomber les projets sont de surestimer la matière première disponible, de sur-dimensionner l’équipement de production et de sous-estimer la difficulté de pénétration du marché. Face à ces écueils penser à un développement de type microprojet peut être la solution, en commençant par une production réduite pour affiner la connaissance du contexte, des fournisseurs et de la clientèle. S’il fallait mettre en avant une leçon phare apprise au cours de cette étude, ce serait le fait qu’un projet de charbon vert est avant tout un projet productif qui a pour but de satisfaire un marché potentiel avec un produit totalement nouveau issu de la transformation de matières premières disponibles. C’est un projet qui doit être pensé comme un projet d’entrepreneuriat social. Certes il s’agit d’un projet qui apporte de nombreux avantages sociaux et environnementaux mais son impact dépendra de la rentabilité de l’activité et de sa capacité à pénétrer un marché très compétitif : le marché du charbon de bois.

 

Source : Agence Micro projet

 Téléchargez l’étude



Discussion

  • Pascal Lwanzo

    Cette étude est très intéressante. Mais, je ne suis vraiment pas d’accord avec AMP quand elle conclue que le projet de combustibles ne semble pas être une solution à la désertification. Je suis d’accord que seuls ces projets ne peuvent pas apporter une solution à la désertification, mais cas même ils participent à grande partie à la solution

    20-05-14 Répondre

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