Gestion des déchets ménagers dans les pays en développement: Les membres de la plateforme Re-Sources face aux défis de la filière

06-12-17 Coocom 0 commentaire

C’est à l’occasion d’un tournant majeur de l’activité de la Plateforme Re-Sources que ses membres se sont réunis les 23, 24 et 25 octobre 2017, à Dakar au Sénégal, à la maison de la Presse située dans le vieux quartier de la Médina, sur la corniche dakaroise afin de partager les fruits de 4 années de travail avec les acteurs de la GDS.

Placée sous le thème « Des solutions pour la gestion des déchets dans les pays en développement », cette conférence avait pour objectif général de mettre à la disposition des acteurs et des autorités de nouvelles pratiques en matière de gestion des déchets, qui ont été éprouvées et capitalisées en 4 ans.

 A quelques encablures de la fin du projet, c’était l’heure du bilan et surtout de faire les derniers ajustements pour être dans les temps. Au programme de ce rendez-vous dakarois : des partages d’expériences, des actions d’information et de plaidoyer à l’endroit des autorités nationales et internationales, des présentations de productions du projet, de formations, des informations sur le phénomène du changement climatique dans le secteur des déchets avec le soutien de la CCAC (PNUE), et enfin le lancement officiel des activités de l’Association Re-Sources Internationale.

Pour cette conférence, les organisateurs ont vu les choses en grand. Durant 3 jours, ce sont plus de 100 participants, de 15 différentes nationalités, venant d’Afrique centrale, d’Afrique du Nord, d’Afrique de l’Ouest, d’Haïti, de l’île Maurice et d’Europe qui ont partagé leurs expériences en une quarantaine de communication. Les profils des participants étaient eux aussi diversifiés. Nous pouvions noter la présence des responsables de collectivités, des représentants des services de l’Etats, des organisations de la société civile, du secteur privé et des Universités.

Cérémonie d’ouverture

Placée sous le parrainage du gouvernorat du développement de la région de Dakar, la cérémonie d’ouverture était très solennelle, ponctuée de discours officiels. Sur le présidium, M. Giovanni ARMANDO, Représentant Afrique de l’Ouest  LVIA, résident à Dakar, Mme Aïssatou Toure BÂ, adjointe au gouverneur du développement de la région de Dakar, représentant le parrain, Mme Jocelyne DELARUE, Directrice de l’association Gevalor (France), chef de file de la Plateforme Re-Sources et Mme Pascale NAQUIN, Directrice du Cefrepade (France). La cérémonie a débuté par le discours de bienvenue de M. Giovanni ARMANDO qui a dans un premier temps remercié la centaine de participants, avant d’inviter chacun à suivre attentivement les travaux. Il s’est dit heureux d’accueillir cette rencontre avant de souhaiter une bonne conférence à toutes et à tous. Après lui, Mme Aïssatou Toure BÂ a prononcé le discours d’ouverture officielle de la cérémonie et s’est félicitée d’avoir été choisie pour parrainer cette rencontre, dont les défis sont d’actualité et dont les objectifs cadrent très bien avec ceux du gouvernorat de Dakar. A sa suite, Jocelyne DELARUE, est revenue sur les motivations de la création du réseau Re-Sources, et elle a  exprimé sa gratitude vis-à-vis des partenaires financiers (L’UE, L’AFD, le FFM) sans qui cette expérience n’aurait pu être possible. Elle a également évoqué les différentes actions phares du réseau ainsi que les livrables déjà produits et ceux qui doivent encore être finalisés. Elle a clôt son discours sur la nécessité de garder le cap et de travailler à agrandir le réseau, dont les actions continueront sous la coupe de la nouvelle association Re-Sources internationale, pour le rendre plus fort. A sa suite Bernard NONGUIERMA, coordinateur du centre Re-Sources a présenté les résultats du projet Re-Sources sur les 4 années de mise en œuvre. Notamment à travers tous les livrables, les défis qui restent encore à relever d’ici la fin du projet, et le passage du projet a l’association. Pascale NAQUIN, Directrice du Cefrepade, partenaire fondateur du réseau, a entamé son discours par un constat général sur les causes de la mauvaise gestion des déchets dans les pays en développement ainsi que les  obstacles. Elle a ensuite enchainé avec les solutions préconisées par le réseau Re-Sources, pour lequel la gestion des déchets ne saurait se limiter à une simple mise en  décharge des déchets après leur collecte. En effet, il existe des solutions à mettre en place comme la réduction à la source, le tri et la valorisation, qui permettrait d’absorber plus de 80% des déchets envoyés en décharge. Elle reconnait en même temps que la tâche n’est pas simple et qu’il faut un savoir-faire. C’est justement dans la quête de ce savoir-faire que la plateforme Re-Sources a été créée. Dans son discours inaugural, elle est aussi revenue sur la méthodologie de travail au sein de la plateforme et sur les livrables produits et mis à disposition des acteurs du domaine et du grand public. C’est justement pour découvrir les fruits de ce travail, qu’après la série de discours, les participants ont tous convergés vers le village Re-Sources pour la visite des stands.

Village Re-Sources

Dans le village Re-Sources, les participants et les visiteurs ont pu découvrir les différentes productions du réseau à travers des posters de capitalisation des actions pilotes des micro-projets financés par le projet suivant : Application Web/Mobile pour le Recyclage mise en œuvre par UNIM, La valorisation de déchets en biogaz dans les abattoirs de Lomé mise en œuvre par GTVD, Décharge au Cameroun mise en œuvre par ERA, Parcelles de démonstration à Lomé et à Dschang mise en œuvre respectivement par ENPRO et ERA, Eco-paniers ménagers RDC par GEAPE, Gestion intégrée des déchets à bas coût par le CEFREPADE, Lombricompostage à Lomé par GTVD et gouvernance urbaine de la gestion des déchets solides de Butembo mise en œuvre par REC. Le village illustrait ainsi des actions de plaidoyer, de planification de la gestion déchets et de valorisation. Les visiteurs ont également pu découvrir les expériences de valorisation des structures suivantes à travers leurs stands: le CEAS qui comptabilise une longue expérience d’ingénierie appliquée à la GDS, Green-impact acteur majeur de la GDS en Algérie, Ultraplast et Proplast tous deux spécialisés dans la valorisation du plastique, Tam-Tam mobile expert de la communication et du plaidoyer et pour lequel la plateforme Re-Sources à financer une campagne de plaidoyer dénommée « ciné-mobile »… Parmi les exposants, on pouvait également noter la présence de structures non membres de la plateforme Re-Sources. Globalement, ce sont une dizaine de stands que les participants eu l’occasion de découvrir. Le village Re-Sources est resté en ouvert jusqu’à la fin de la Conférence, le mercredi 25 octobre.

Les communications et les échanges

Les trois jours de la conférence se sont ensuite enchaînés avec 38 interventions sur des thématiques très différentes, liées à la GDS, reflétant les activités de Re-Sources et de ses membres : Planification, financement, caractérisation, décharges, valorisation, collecte et pré-collecte, compostage… Ces riches présentations ont suscité beaucoup de débats et d’échanges entre les participants. Ensuite, un peu comme pour signaler qu’il ne s’agit pas de la fin, mais plutôt d’un commencement, la conférence s’est achevée sur des perspectives d’avenir. Avant de se dire au revoir, les participants se sont livrés à un dernier exercice : celui de trouver des solutions pour la bonne marche de l’association Re-Sources, qui a pour ambition de pérenniser les actions du projet. Ainsi les participants se sont penchés sur les questions suivantes : comment faire connaître et reconnaître l’association ? Quelles sont les différentes actions que l’Association Re-Sources devra menée ?  Quelles sont les potentielles sources de financement ? Et surtout, comment faire pour intéresser un maximum d’acteurs.

Pour clôturer la conférence, Jocelyne Delarue, a présenté ses remerciements et sa gratitude pour la présence de chacun lors de cette conférence finale. Le bilan à tirer est positif car durant ces 3 jours, 114 acteurs impliqués dans la gestion des déchets ont assisté à au moins une journée de la conférence (105 le lundi, 86 le mardi et 77 le mercredi), représentants plus de 15 pays (Sénégal, Madagascar, Burkina Faso, Bénin, Cameroun, Haïti…). Nous avons ainsi rencontré 32 structures associatives, 21 communes/mairies, 8 structures étatiques, 5 entreprises privées et 4 universités. Cette multitude d’acteurs ont participé à la conférence afin d’illustrer toutes les activités menées et un maximum d’initiatives sur le thème de la gestion de déchets solides. L’ensemble des participants ont participé activement et ils sont repartis enrichis et dotés de nouvelles informations et d’idées pour faire avancer la GDS dans leur pays respectif.

 

 

De gauche à droite : M. Giovanni ARMANDO, Représentant Afrique de l’Ouest LVIA, résident à Dakar, Mme Aïssatou Toure BÂ, adjointe au gouverneur du développement de la région de Dakar, représentant le parrain, Mme Jocelyne DELARUE, Directrice de l’association Gevalor (France), chef de file de la Plateforme Re-Sources et Mme Pascale NAQUIN, Directrice du Cefrepade (France).
Village Re-Sources
Photo de famille à la fin de la conférence


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